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20ème anniversaire de de la Clairière des Justes à Thonon les Bains : une cérémonie empreinte d'émotion

Dimanche 12 novembre 2017



Placée sous le haut patronage du Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, la cérémonie du 20ème anniversaire de l’inauguration de la Clairière des Justes, a rassemblé de nombreuses personnalités politiques, militaires et religieuses à Thonon-les-Bains, dimanche 12 novembre 2017 : autour du Maire de la Ville, Jean Denais et de Jean-Bernard Lemmel, Président de l’association française pour l’hommage aux Gardiens de la Vie, le Préfet de Haute-Savoie, Monsieur Pierre Lambert et la députée Marion Lenne notamment. Le Grand Rabbin de France, Monsieur Haïm Korsia a également tenu à s’associer à cet hommage.


Le Mémorial national, inauguré en novembre 1997 au sein des 130 hectares du Domaine de Ripaille, rend hommage à des femmes et des hommes qui, au péril de leur propre vie, ont sauvé des juifs durant la 2ème guerre mondiale.


Terre de résistance et de solidarité, la Haute-Savoie est l’un des départements français comptant le plus grand nombre de « Justes parmi les nations » (pour mémoire, le titre est décerné par Yad Vashem au nom de l’état d’Israël depuis 1953).


En novembre 2013, une nouvelle ouverture a été créée et inaugurée, notamment en présence de Monsieur Alain Sebban, Président du Consistoire régional, afin de faciliter l’accès du Mémorial notamment pour les scolaires qui le visitent dans le cadre de leur parcours pédagogique.


Ce 20ème anniversaire fut aussi l’occasion, pour la ville de rendre un double hommage : aux habitants de Thonon qui ont protégé les Tziganes et notamment Django Reinhard en 1943 durant la 2ème guerre mondiale et à un jeune garçon, Raphaël Drai (z’l), élève du Talmud Torah de Neve Shalom, qui en 1997 avait planté un arbre dans cette clairière aux côtés d’un Juste.


Ce souvenir est resté dans les mémoires en raison du destin tragique de ce jeune garçon, décédé quelques mois plus tard, à l’âge de 15 ans.


Un orme a été planté à sa mémoire en présence de sa famille émue et touchée par ce geste symbolique.


Les conditions climatiques de la journée, peu propices (grêle, pluie et froid…) ont quelque peu modifié le déroulement de la cérémonie : tous les participants se sont retrouvés dans les salons du château de Ripaille pour les discours puis une présentation musicale du conte « Les Veilleurs de l’Humanité » publié par Danielle Lemmel.


Parmi l’assemblée, Nicholas Moscovitz fut, à juste titre, salué par les autorités : en 1997, c’est ce jeune sculpteur de 19 ans – le plus jeune à réaliser un monument national -  qui fut choisi (sur concours) pour réaliser le monument qui trône au sein de la clairière. Il illustre admirablement l’adage talmudique : « Qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière ».


Le Maire de Thonon-les-Bains, Jean Denais puis Jean-Bernard Lemmel, le Grand Rabbin de France et enfin le Préfet Lambert se sont exprimés rappelant tous l’impérieux devoir du souvenir. Le Président de la République avait envoyé un message(*), lequel a été lu devant l’assemblée.


Haïm Korsia, citant Elie Wiesel « L’inverse de l’amour n’est pas la haine, c’est l’indifférence » a affirmé que « les Justes ont, certes sauvé des juifs mais également l’âme de la France. Au-delà du possible, ils ont inventé un nouveau possible. Leur souvenir est vibrant ».





(*) Message du Président de la République 


Ils étaient fonctionnaires, enseignants, sportifs, religieux, étudiants, artisans, médecins, responsables politiques, policiers, militaires, chefs d’entreprise, artistes… Ils surent voir et comprendre ce qui se passait sous leurs yeux, avec une lucidité immédiate : la ségrégation, la stigmatisation, la déportation, les familles déchirées, les parents et les enfants raflés, et qu’on ne reverrait plus.


Ils surent comprendre que le gouvernement de la France mettait en faillite tout ce qui avait fait la France. Aussi reprirent-ils souverainement, sans se concerter, sans se coordonner, le flambeau de la France en laquelle ils croyaient. Celle de la fraternité. Celle de la responsabilité. Celle aussi de l’action, qui ne reste pas en repos quand l’injustice et l’infamie surgissent.


Ces Justes puisèrent en eux, dans leurs valeurs, mais aussi dans l’idée même qu’ils se faisaient de notre pays, de quoi réagir, faire face. De quoi résister.


En donnant à ces vies héroïques une reconnaissance officielle, Yad Vashem a dessiné le visage de cette France qui ne s’est pas rendue. Cette part indispensable de la geste de la Résistance enseigne à tous les Français ce que fut, pendant ces années noires, la France véritable, celle qui n’accepta pas de renoncer à elle-même pour complaire aux forces qui voulaient l’asservir.


La journée qui leur est consacrée par l’Association française pour l’hommage aux Justes et aux Gardiens de la vie est un moment essentiel de notre mémoire nationale. Soyez remerciés de perpétuer avec ténacité le souvenir de ces hommes et de ces femmes qui, en sauvant des milliers de vie, sauvèrent aussi l’honneur de la France.




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