Éditorial du Président du Consistoire
ESTHER
Le Consistoire a choisi de mettre en exergue chaque mois une thématique nouvelle. Après Chevat et le Chabbat Chekalim, mois du Patrimoine, Adar et la Reine Esther nous permettent de dédier notre réflexion à la femme juive et à son rôle central dans le judaïsme.
Les premières, nos matriarches Sarah, Rivka, Rahel et Léa, ont eu un rôle déterminant, empreint de sagesse. Sans elles qu'aurait été l'hospitalité d'Abraham, le droit d'aînesse serait peut-être revenu à Esaü et la loyauté de Jacob n'aurait pas été reconnue. Leurs rôles respectifs furent exemplaires pour la réussite du couple juif et de ses valeurs qui sont en effet un des éléments clés de la vie juive. Pour le service sacerdotal le plus élevé à l'époque du Temple, le Cohen Gadol devait être impérativement marié. Ce qui n’est, faut-il le rappeler, pas habituel dans toutes les religions. C’est la reconnaissance originelle du rôle de la femme et du couple conçu comme le lieu où « se construire sur terre »
Esther, héroïne de Pourim, permit de sauver son peuple du décret infâme voulu par Haman : tous devaient mourir. Esther dut prendre le risque majeur de se présenter devant le Roi sans y avoir été conviée. Comme Mardochée refuse de se prosterner devant un homme, Esther refuse de s'incliner devant le destin annoncé de son peuple et s'inscrit ainsi dans la longue tradition juive qui proscrit l'idolâtrie et ses innombrables dérivés dont l'obéissance aveugle. Sa détermination, son courage, sa ténacité et l'espoir lui ont permis de changer radicalement le cours des choses. Il y a de cela 2.000 ans, une femme juive s'engageait dans la vie de la cité pour sauver son peuple.
D'autres héroïnes, célèbres ou anonymes marquent également notre histoire. La journée de la Femme n'existait pas, mais notre Tradition relate le rôle essentiel qu'elles ont joué pour préserver notre identité et notre patrimoine.
Dans notre société en recherche de repères et où les femmes s’engagent avec succès dans la vie de la cité, Pourim nous rappelle la responsabilité historique de la femme juive pour protéger les fondements du judaïsme, que ce soit à l’échelle de la cellule familiale ou de nos communautés à travers la France.
C’est par la femme que se transmet le judaïsme.
POURIM SAMEAH |
Joël Mergui Président |
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